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Écologie et société

« Tout le monde veut sauver la planète. Mais personne ne veut descendre les poubelles. »

-- Jean Yanne

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mar. 23 avr. '13

Mariage homosexuel : c'est passé

Si vous êtes Français, vous n’êtes pas sans savoir que l’Assemblée Nationale a adopté aujourd’hui un texte de loi qui ouvre le mariage civil et l’adoption aux couples de même sexe.

Ce débat de société a été long (plusieurs mois), et s’est terminé par des violences dont on se serait bien passées. Mais ça y est, le texte est voté, et il est peu probable que le recours au Conseil Constitutionnel que déposera la droite puisse l’arrêter.

Si j’écris un petit mot ici, c’est pour faire un compte rendu de ce que j’ai observé de ce débat. Pendant les mois qui ont duré, je n’ai pas entendu UN SEUL argument contre le mariage pour tous qui résiste à l’analyse logique. Pas un. Et pourtant je n’ai pas gardé la tête dans le sable. J’ai lu des commentaire, des tas de commentaires. J’ai même lu plusieurs articles qui s’opposaient à cette loi. J’ai un ami qui est contre, et qui a partagé des liens défendant ce point de vue.

Je ne vais pas reprendre les arguments un à un, ce serait trop fastidieux, mais à ce que j’en ai vu ils proviennent de quatre origines.

  1. l’homophobie, ou plutôt des préjugés négatifs envers les homosexuels. Il y avait des arguments de cette nature, c’est clair, mais il n’y avait pas que cela.
  2. le sexisme, par exemple en déclarant que les femmes savent naturellement mieux s’occuper des enfants que les hommes, et que donc un enfant serait malheureux dans un couple de gays.
  3. une méconnaissance des besoins des enfants, qui peut être de bonne foi, par exemple en disant que c’est un besoin essentiel de l’enfant que d’avoir deux parents de sexe différent. A noter que certains de ces arguments sont en fait tout simplement sexistes (besoin de bien séparer et propager les rôles genrés), mais pas toujours. Du moins, parfois il reste un doute, je donne donc avec plaisir le bénéfice associé.
  4. une confusion sur le mariage civil, en l’identifiant au mariage catholique. Le mariage civil n’a pas pour objectif la procréation, sinon il serait interdit aux couples infertiles et aux femmes ménopausées.

On peut facilement démonter le troisième argument en regardant les études statistiques probantes qui ont été faites dans les pays où le mariage et l’adoption sont ouverts à tous les couples. Regarder aussi par exemple l’intervention de Pablo Seban lors des auditions à l’Assemblée Nationale fin décembre (10 min).

Le quatrième argument se retrouve plus sournoisement, parce qu’on discute en utilisant les mêmes termes pour ne pas parler de la même chose, et peut expliquer pourquoi certaines personnes ont l’impression que le mariage est vidé de sa substance. C’est une substance qu’il n’avait pas au départ.

Il est ensuite des arguments qui sont bien moins solides et ne méritent même pas une analyse de plus de quelques secondes, comme le fait que l’ouverture du mariage aux homosexuels l’ouvrirait aussi à la zoophilie (comme si un animal pouvait consentir à un mariage), le fait qu’un enfant ait absolument besoin de ses deux parents (interdisons le divorce alors), le fait que seuls les parents biologiques puissent être les parents affectifs/éducatifs (interdisons l’adoption alors), etc… Quant à l’histoire du “on ne ment pas aux enfants”, ça ne tient vraiment pas la route. Connaissez-vous un seul couple ayant adopté qui ait fait croire à leur enfant qu’ils étaient les parents biologiques ? À part dans un film hollywoodien ? (en plus quand on adopte c’est assez souvent d’une autre ethnie : un haïtien, une asiatique, etc, de toute façon “ça se voit”). Quand on adopte, il est effectivement préférable de ne pas mentir à l’enfant, mais personne n’avait ça en tête. Je connais personnellement un couple qui a adopté, on est bien informé sur la façon d’aborder ce point délicat avec l’enfant. La plupart du temps ça passe comme une lettre à la poste (quand c’est fait assez jeune et qu’il n’y a jamais eu de mensonge justement).

J’ai aussi entendu plusieurs fois une dénonciation du “consumérisme” que représente cette loi, puisqu’elle donne la possibilité à des couples infertiles d’avoir un enfant, au nom d’un prétendu “droit à l’enfant”[1]. Mais il s’applique à l’adoption en général, tout simplement. On ne peut pas non plus limiter l’adoption aux couples fertiles qui font le choix de ne pas faire d’enfant eux-même, ça ne règlerait pas le problème et contribuerait à garder les enfants en orphelinat (combien sont-ils, ces couples ?)

Bref, je ne suis pas sensible à tous les arguments pour. Je suis autant convaincu par l’argument pro du “sens de l’Histoire” que par l’argument contre de la “loi de la Nature”, c’est à dire pas du tout. Mais j’aurais aimé qu’on présente des arguments logiques, fondés sur des bases solides, si possible scientifiques (études statistiques sociologiques). Et je n’en ai pas vu. Après plusieurs mois de débats et une attention particulière à ce sujet, je suis tenté de dire qu’il n’y en a pas (je ne le ferais pas, bien sûr, ce ne serait pas scientifique ;-) ).

Je suis désolé pour toutes les personnes que cette loi choque dans leurs plus profondes convictions, ou croyances. Il y a ceux et celles qui ont une haine viscérale de l’homosexuel, mais vous êtes minoritaires, et j’espère que vous le resterez. Pour tous les autres qui pensent vraiment au bien des enfants, de bonne foi, mais avec leur propre grille de lecture, je suis sincèrement désolé pour votre souffrance aujourd’hui (j’ai des amis et de la famille parmi vous). Mais j’espère que ce sera l’occasion de réexaminer votre point de vue sur le monde qui vous entoure, et ce qui motive vos valeurs.

Je ne cherche pas à faire du triomphalisme, mais au final je suis très content que ce texte ait été adopté. :-)

Notes :

[1]  Cet argument me marque assez personnellement, puisque je ne peux vraiment pas être accusé d’encourager la consommation à outrance ou la démographie galopante, c’est le moins qu’on puisse dire.

ven. 09 sept. '11

Mais c'est quoi l'ESS ?

On parle beaucoup d’Économie Sociale et Solidaire, mais finalement savez-vous ce que c’est ? La page Wikipedia donne une courte définition, mais le novice que je suis ne sait pas toujours où elle commence et où elle s’arrête.

Heureusement, une amie geekette travaille dans ce domaine, et a publié un article très clair sur le sujet. Merci Antoinette !

J’en profite pour lui faire un peu de pub, puisqu’elle travaille en tant qu’indépendante dans la sociologie des organisations : c’est quelqu’un de tout à fait équilibré, suffisamment geek pour comprendre une conversation d’informaticiens (et c’est pas toujours facile avec nous ;-)), mais aussi suffisamment persévérante pour détricoter les problèmes relationnels qui freinent les entreprises et les associations. Voilà, la pub s’arrête là, si vous êtes intéressés voici son site.

Pour en revenir à l’économie sociale et solidaire, son lien avec les logiciels libres en terme de valeurs partagées n’est plus à démontrer. Là aussi de très bons articles ont été écrits sur le sujet, je vous recommande cet article de Framasoft et un article de la SCIL qui détaillent bien le sujet. On voit aussi que les associations de ces deux mondes commencent à se rapprocher, notamment avec la création de l’AI2L.

Il semble clair aujourd’hui qu’il y a là un vaste terrain d’entente, et que nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres pour faire avancer nos causes communes. Affaire à suivre, et de près.

mar. 21 déc. '10

Le plus gros pollueur de la planète

On dit un peu partout que la Chine a très récemment dépassé les États Unis sur le podium des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre, et a donc décroché la triste première place. Je voudrais faire part d’un commentaire que j’ai entendu récemment de la part d’un économiste[1], et que je trouve très intéressant.

On sait tous que la Chine est devenue « l’usine du monde », c’est là qu’est concentrée la production manufacturière de la planète (ainsi que dans quelques pays voisins). Donc voilà : si moi, européen, je décide de m’acheter un ordinateur portable dernier cri qui sera fabriqué en Chine, à quel pays doit-on imputer les émissions associées ? Actuellement, elles seront imputées à la Chine, mais est-ce juste ?

De mon point de vue, puisque c’est moi qui ai commandé le produit, je porte la responsabilité des émissions liées à sa fabrication. On va bien sûr me rétorquer que les moyens de production choisis par la Chine (électricité au charbon, quasi-absence de normes anti-pollution, rejets toxiques etc.) ne sont pas sous mon contrôle, et que je n’y peux donc rien. Mais selon moi c’est faux : je peux influer sur la façon dont la Chine produit les marchandises, tout simplement en achetant ailleurs ! En faisant jouer le « marché » finalement. Si j’achète un produit fait par exemple en Suisse, en Norvège ou — horreur ! — en France, je sais que l’énergie électrique est assez peu émettrice de CO2, que les normes environnementales existent et sont appliquées, sans même parler des émissions liées au transport[2].

Si on considère donc que c’est celui qui commande le produit qui est responsable de ses émissions, les États Unis sont encore loin devant la Chine, et nous, l’Europe, ne sommes pas mal placés non plus dans cette course vers le mur.

Je n’ai pourtant pas d’affinité particulière avec la Chine[3], mais il faut reconnaître que cette fois on les accuse à tort, et qu’il faudrait commencer par balayer devant notre porte.

Notes :

[1] dont je ne retrouve plus le nom malheureusement, honte à moi

[2] et quelques autres “détails” comme : un salaire minimum pour les employés, une sécurité sociale, des horaires décents, quelques congés de temps en temps, … mais ce n’est pas le sujet ici, aussi vaste et important soit-il

[3] Tibet, droits de l’Homme, démocratie, environnement, etc… la liste est longue

dim. 05 déc. '10

Si j'étais président de l'Europe

Je suis tombé sur un petit jeu en Flash par la BBC qui propose de se mettre dans la peau du président de l’Europe entre 1990 et 2100. L’objectif étant d’éviter le changement climatique tout en gardant un continent prospère et en restant populaire.

Chaque tour dure 10 ans, et on choisit les politiques à mener dans 5 secteurs principaux. Chaque politique influence les ressources financières, l’énergie, la nourriture, l’eau et le rejet de gaz à effet de serre. Il y a aussi des négociations internationales pour décider les autres pays à prendre des engagements sur le climat.

Bref, un petit jeu sans prétentions mais assez rigolo, que je vous encourage à essayer. Mes scores : 96% en écologie, 27% en économie, et 50% en popularité (au bout du 3ème essai quand même ;-) ).

Merci à Cédric pour le lien. Dans le même esprit : Clim City.

jeu. 15 juil. '10

Cette énergie est trop bon marché

J’ai vu la vidéo d’une conférence de TED aujourd’hui, où l’intervenant présentait les ravages de la marée noire dans le golfe du Mexique. Il a terminé sur un parallèle que je trouve intéressant.

On dit aujourd’hui que les énergies fossiles sont tellement bon marché qu’on ne peut pas s’en passer, et que l’économie s’effondrerait si on essayait de migrer vers des énergies propres. Mais nous avons déjà entendu cet argument.

Il y a quelques siècles, aux États-Unis, on disait exactement la même chose : notre source d’énergie est tellement bon marché que l’économie s’effondrera si on essaye de s’en passer. Sauf qu’à l’époque, il s’agissait de l’esclavage.

Les choix énergétiques sont des choix éthiques.

sam. 20 fév. '10

La Formule 1 et l'innovation automobile

La Formule 1 est souvent décriée — avec raison — comme l’archétype de l’aberration écologique. En effet, du point de vue de l’environnement, on parle là de machines qui engloutissent des litres et des litres de pétrole juste pour se tirer la bourre sur un circuit fermé. Et c’est sans compter toute l’infrastructure qui va avec.

Les défenseurs de la F-1 apportent souvent un argument de poids : « c’est la F-1 qui a boosté l’innovation technologique du secteur automobile ces dernières années ». Même si ça me semble un peu rapide de dire que la F-1 est le seul moteur de l’innovation de tout le secteur, après tout, je connais mal le domaine, donc admettons que ce soit tout de même une forte proportion.

À la réflexion, je pense que cet argument est tout à fait valide. La compétition pousse à l’innovation, que ce soit la compétition sportive, économique, ou (malheureusement) militaire. Donc OK pour moi, la course automobile contribue à l’innovation dans le domaine de l’automobile. Cependant, je pense qu’il faut changer l’angle d’approche. L’objectif d’aller toujours plus vite sans prendre en compte la consommation, c’est l’automobile du XXème siècle. Si la F-1 veut aider à innover sur l’automobile du XXIème siècle, il faut prendre en compte les nouvelles contraintes auxquelles elle va devoir faire face, je pense bien sûr de la raréfaction des carburants fossiles.

Je pense donc que la F-1 doit relever un nouveau défi : n’utiliser que des véhicules indépendants énergétiquement. La voiture doit tout simplement partir sans aucun réservoir d’énergie, et doit utiliser celle qu’elle a autour d’elle. Là, il y a une véritable recherche à faire, et des innovations à apporter au secteur. Une première approche pourrait être celle des panneaux photovoltaïques, mais qui sait ce que les chercheurs et les ingénieurs mettront au point ?

Si la F-1 a participé à l’amélioration du moteur à essence, il n’y a pas de raison qu’elle ne puisse pas participer à l’amélioration du moteur de demain.

dim. 31 janv. '10

Copenhague : les ONGs se sont-elles trompées de cible ?

Il est un peu tard pour faire un compte-rendu de la conférence de Copenhague sur l’évolution du climat, mais bon, il faut le temps que les articles soient lus, que les idées se décantent, etc, etc. Voilà ce que j’en retire.

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