Quoi de neuf docteur

Évidemment, on se demande tout de suite : "Quoi de nouveau dans ce noyau". Et bien c'est une évolution majeure ! Énormément de nouveautés y ont été apportés. Pour résumer, les évolutions peuvent se résumer selon plusieurs grands axes.

L'adaptabilité

Le noyau 2.6 a été conçu pour fonctionner parfaitement sur des architectures diamétralement opposées : de l'énorme serveur multi-processeurs ultra-puissant à l'éléctronique embarquée. C'est ce que les anglophones appellent scalability : linux peut travailler sur une plus grande échelle de matériel.

On a dont inclus dans le noyau linux le support de plusieurs nouvelles architectures (c'est à dire qu'on pourra utiliser linux sur d'autres types de matériel -- il n'y a pas que les PC et les Mac dans le monde ;-) ), ainsi que le projet uClinux, qui visait à faire tourner linux dans le monde de l'électronique embarquée.

De l'autre côté, on a ajouté le support de l'Opteron d'AMD, un processeur 64 bits (en comparaison, le Pentium d'Intel a seulement 32 bits (et c'est déjà beaucoup pour un seul homme... désolé) )

Sans rentrer trop dans les détails techniques, Linux a aussi été optimisé pour les très grosses architectures, massivement multiprocesseurs, et possédant beaucoup de mémoire.

Bref, Linux va pouvoir être encore plus présent dans encore plus de matériel différent. Mais vous, sur votre PC, ça va changer quoi ?

Le poste de travail (ou de non-travail)

Linux est maintenant préemptible. C'est à dire que quand il travaille sur une tâche, il peut maintenant être arrêté au milieu pour exécuter une autre tâche considérée prioritaire. L'interactivité s'en trouve tout de suite améliorée : même quand votre PC bosse comme un fou, l'interface répondra presque aussi rapidement qu'en temps normal.

L'ordonnanceur a aussi été réécrit. C'est la partie qui choisit d'attribuer à tel programme du temps processeur, puis à tel autre programme, etc... Là encore, l'interactivité et l'utilisateur du bureau seront les grands bénéficiaires.

La gestion des périphérique a aussi été revue. Linux peut maintenant supporter beaucoup plus de périphériques, mais est surtout plus adapté au hotplug, c'est à dire le branchement à chaud de périphériques. Le système d'accès aux disques durs a aussi été revu, et permet maintenant de meilleures performances.

Les pilotes pour les cartes son utilisent aussi maintenant un nouveau système de pilotes, plus performants, et offrant plus de possibilités : ALSA.

Nouveautés diverses

On pourra aussi noter le support de plusieurs nouveaux systèmes de fichiers, des systèmes de fichier réseau non distribués (comme NFSv4) et distribués (comme Intermezzo), un meilleur support du multimédia en général, et plein d'autres petits trucs qui sont toujours vachement importants, même si vous ne les utilisez pas tous les jours ;-) (Je pense notamment à User Mode Linux : pour lancer un autre Linux au dessus de Linux)

Conclusion

Il est difficile de parler des nouveautés du noyau 2.6 sans rentrer dans le langage technique, mais on peut dire que l'évolution par rapport au respecté 2.4 est majeure. Espérons qu'il n'aura pas les même problèmes au démarrage que le 2.4, qui s'était révélé avoir quelques défauts de stabilité avant la révision 10 (la révision actuelle est la 23). Si vous avez envie d'en savoir plus, il existe un excellent descriptif des nouveautés du noyau 2.6 à cette adresse : http://dsoulayrol.free.fr/articles/wonderful_2.6.html. C'est en français, mais c'est assez technique.

Sachez en tout cas, que ce noyau 2.6 s'annonce très bien, et qu'il sera intégré dans les distributions classiques dans le premier semestre 2004 (en tout cas pour Fedora et pour Mandrake) Si vous utilisez Fedora Linux et que vous voulez tester le 2.6, n'hésitez pas à m'envoyer un mail, il y a quelques opérations pour préparer votre système à cette importante mise à jour :-)

Bons tests !