Qui est-ce

M. Jancovici se présente mieux sur son site que je ne saurais le faire, et Wikipedia en rajoute une couche. Mais pour vous éviter deux clics, sachez qu’il s’agit d’un ingénieur polytechnicien spécialiste des problématiques d’énergie et de climat. Je l’ai découvert en lisant son livre “Le plein s’il vous plaît” (co-écrit avec Alain Grandjean), sur les conseils d’un collègue. La vraie différence par rapport à ce qu’on entend partout sur le climat est son approche scientifique, l’approche d’un ingénieur qui sait que les dimensions d’un système et les ordres de grandeur sont les clés de la compréhension d’un problème. Et donc, de l’établissement d’une feuille de route pour le résoudre.

Thirsty for Oil
Creative CommonsThirsty for Oil” par hrtmnstrfr

Les cours

Les cours qu’il a donné à l’École des Mines en 2007/2008 (et peut-être encore, si quelqu’un a l’info…) ont été filmés et sont disponibles à la lecture en ligne ou en téléchargement sur le site de l’école. Ils sont structurés en 8 sessions de 2 fois une heure, donc 16 fichiers d’une heure. J’ai regardé les deux premiers, et je trouve ça passionnant. Après une introduction pour partir sur des bases saines, M. Jancovici nous explique avec force statistiques et graphiques comment est répartie la “production” d’énergie aujourd’hui, comment elle est consommée, quel est l’impact sur notre environnement et ce qui a toutes les chances de se produire dans les années à venir.

Mes notes

Voici quelques points que j’ai retenu, sachant que vous en retiendrez probablement d’autres si vous les regardez, et que j’ai très bien pu mal comprendre… :)

  • Notre impact sur l’environnement provient de deux facteurs principaux :
    • la démographie : la population mondiale a été multipliée par 10 depuis 200 ans
    • la consommation individuelle : en moyenne sur Terre, on l’a multipliée par 10 depuis 100 ans
  • On ne produit pas d’énergie stricto sensu, on ne fait que convertir une énergie trouvée dans la nature (primaire) en une énergie utilisable pour nos besoins (finale). Les limitations portent donc sur l’énergie primaire (l’électricité ne se trouvant pas directement dans la nature, ce qui compte c’est la façon dont on la produit).
  • On sait depuis le Club de Rome en 1972 qu’on court à notre perte avec l’attitude actuelle de recherche perpétuelle de croissance.
  • Le prix réel de l’énergie (rapporté au pouvoir d’achat) est incroyablement bas, et n’a jamais cessé de baisser depuis un siècle.
  • Plus on fait des voitures efficaces en énergie, plus on achète des voitures grosses et lourdes. Une voiture de 50 chevaux, c’est l’équivalent énergétique d’un carrosse avec un attelage de 50 chevaux, et le français moyen peut s’acheter ça pour de 15% de son revenu. Ça aide à mettre en perspective…
  • La quantité d’énergie contenue dans un litre d’essence est complètement délirante ! C’est l’équivalent du travail de 10 paires de jambes ou 100 paires de bras d’un humain normal pendant une journée (source).
  • Un kg de viande rouge, c’est en gros un litre de pétrole. Pareil pour 1kg de thon, ou 1kg de tomates sous serre en février. Entre 50 et 70% de la production agricole sert à nourrir le bétail. Sans énergie bon marché, notre régime alimentaire n’est pas possible.

Je m’arrête là parce que ça ne sert à rien de paraphraser, mais on en apprend de belles toutes les minutes dans ce cours.

Ah oui, et un point qui se dégage inévitablement quand on voit tout ça : ça va chier des bulles. Ça va faire très mal à nos habitudes, notre système socio-économique, et notre civilisation toute entière. Et ça sera pour notre gueule et celles de nos enfants (pour ceux qui en auront).

J’attends impatiemment de lire la suite, c’est très inquiétant (bel euphémisme) mais il faut prendre la mesure de ce que nous apporte l’énergie quasi-gratuite dont nous disposons aujourd’hui. Et se préparer à ce qui arrivera quand elle ne sera plus si bon marché.

L’adresse : http://www.ensmp.fr/ingenieurcivil/SitesIC/Balado/Climat_som.html

Si vous les regardez, ça pourrait être sympa de noter ici les points qui vous ont le plus marqué.

Au passage, M. Jancovici vient tout juste de publier un nouveau livre, “C’est maintenant”. Un collègue l’a acheté, je vais lui emprunter dès qu’il l’aura fini.