Velib
Creative CommonsVelib” par austinevan

Depuis l’ouverture du service, de nombreux sites se sont ouverts, ou se sont enrichis, pour faciliter la vie d’un Vélibien. Recherche de la station la plus proche, critères de remplissage, mashups avec Google Maps, voire même statistiques geek-ready.

La problématique du Vélibien

Pour comprendre l’intérêt de ces sites, et de ce qui va suivre, il faut comprendre quel est la vie du Vélibien, quels sont les problèmes qu’il rencontre, et de quoi il aurait besoin pour mener à bien sa juste cause : se déplacer par ses propres moyens.

Et pour cela, il faut savoir en gros en quoi consiste Vélib. En quelques mots, l’idée est qu’un grand nombre de points de location de vélos sont placés dans Paris (et maintenant sa proche banlieue). Pour louer un vélo, il faut être abonné (il y a plusieurs durées d’abonnement, toutes très bon marché) mais ensuite la location est gratuite les 30 premières minutes. Après 30 minutes par contre, le prix augmente très rapidement. C’est finalement un peu le même principe que votre forfait de téléphone : un abonnement, 30 minutes d’utilisation incluses, au-delà c’est hors forfait, et ça raque.

Toute la problématique du Vélibien peut donc être résumée dans les points suivants :

  1. prendre son Vélib à une station proche de son point de départ, et suffisamment remplie (deux ou trois au moins pour être sûr)
  2. sillonner les rues de Paris (et sa banlieue proche) vers sa destination pendant moins de 30 minutes
  3. reposer son Vélib dans une station proche de sa destination disposant d’au moins une place vide

Et c’est tout. Mais c’est déjà pas mal. Voyons comment répondre à chaque élément de la problématique.

1. Le départ

Pour le départ, on peut raisonnablement supposer qu’on dispose d’un accès internet. Qu’on parte de son domicile, de son lieu de travail, ou de chez des amis, c’est en général le cas. Pour trouver une station proche et assez approvisionnée, il suffit donc d’utiliser un des nombreux sites web proposant ce service, notamment le site officiel http://www.velib.paris.fr.

Velib haut perché
Creative CommonsVelib haut perché” par VerCedYan

Et hop, premier problème réglé.

2. Le trajet

Là on rentre dans le vif du sujet. Attention, il va falloir me suivre !

La problématique du trajet se décompose en deux sous-problèmes :

  • 2.1. trouver un trajet entre son point de départ et son point d’arrivée
  • 2.2. faire ce trajet en moins de 30 minutes

Pour répondre au premier problème, on peut considérer le fait qu’on est finalement dans une situation très proche de celle des automobilistes. Et quelle est la solution reine utilisée par nos amis automobilistes ? Le GPS. Simple et efficace.

Il y a toutefois quelques différences par rapport à la voiture :

  • 2.1.1. on ne sait pas a priori l’adresse de la station Vélib d’arrivée (à moins de la rechercher avant le départ, mais on verra que ça rentre en conflit avec notre problématique de dépôt du Vélib)
  • 2.1.2. on n’est pas dans un habitacle confortable et insonorisé, où on peut fixer le GPS bien en évidence et se faire guider par une voix mélodieuse

Pour que la solution GPS puisse répondre à notre premier problème, il faut donc qu’elle puisse répondre aux points 2.1.1 et 2.1.2. Le 2.1.1 est résolu si le GPS connaît l’adresse des stations Vélib, ce qui dans le jargon GPS s’appelle des Points d’Intérêt (P.O.I en anglais).

C’est une liste de points avec des coordonnées et un nom, qui permettent d’ajouter des éléments à une carte, et de les choisir comme destination. Le logiciel de guidage TomTom (et peut-être d’autres aussi) permet en plus de sélectionner automatiquement le point d’intérêt (donc la station Vélib) le plus proche de la position courante. La bonne nouvelle et qu’il y a déjà des gens qui ont fait cette liste de POI pour stations Vélib, et qu’on peut très facilement l’importer dans les logiciels de guidage GPS les plus courants ! La mauvaise nouvelle, ben, y’en a pas. Ça marche nickel. Pour les plus geeks d’entre vous, je vous indiquerai même plus bas comment convertir la liste des stations Vélib fournie par la ville de Paris en fichier de POI pour votre logiciel de navigation préféré (histoire de toujours avoir un fichier à jour).

Et hop, le 2.1.1 est réglé. Passons au 2.1.2. Là c’est plus compliqué, les GPS ne sont a priori pas prévus pour s’accrocher sur un vélo, ou alors uniquement sur le votre (avec une attache fixe). J’ai finalement trouvé la solution, et je n’en suis pas peu fier, aussi simple qu’elle soit :)

J’utilise comme GPS un téléphone HTC Touch Cruise que mon frère m’a très gentiment donné (merci frérot :) ). Oui, je sais, c’est sous Windows Mobile, merci de ne pas insister là dessus, j’ai déjà assez mal au postérieur. J’ai commencé par le mettre dans un sac dans le panier du Vélib, et de me servir du kit piéton pour me faire guider. Ça marche pas trop mal, on a les indications de guidage, mais ça pose deux inconvénients :

  • suivant le sac et la position dans le sac, on peut mal capter les satellites
  • on ne peut pas voir l’écran, et les instructions orales sont parfois insuffisantes, ou arrivent trop tard.

Bien, mais pas top. Il fallait donc un moyen de voir l’écran, comme ce qui est prévu par le logiciel de navigation, en fait. J’ai finalement trouvé la solution : le brassard. On peut trouver chez tous les bons vendeurs d’électronique grand public (FNAC, Darty, Boulanger, etc.) des brassards porte-iPod pour que les gens qui font du jogging puissent écouter leur lecteur MP3 préféré pendant le sport. Or il se trouve que mon téléphone a à peu près la taille d’un iPod, en un peu plus petit.

Je me suis donc acheté un brassard de ce type, je met le téléphone dedans, et je me l’attache à l’avant-bras (en serrant bien). Ce qui me fait un magnifique système de guidage à portée, visible, et dont l’écran tactile reste disponible à travers le film plastique de protection. Comme ce qui était prévu pour l’iPod, quoi. En plus, ça a un petit côté “arbalette au poignet de Spartacus dans Les Mondes Engloutis” qui me plaît bien.

Je résume donc : on ajoute les stations Vélib aux Points d’Intérêt du GPS, on utilise un casque audio pour le guidage, et on trouve un moyen de s’attacher le GPS à portée de vue. Je vous recommande chaudement le brassard, en plus y’en a de toutes les tailles.

A un moment j’avais pensé à un autre système, qui pourrait vous être utile si vous ne trouvez pas de brassard à la taille de votre GPS. L’idée est d’utiliser une housse avec un passant de fixation ceinture derrière. Dans ce passant, on glisse deux tendeurs élastiques en croix, qu’on va fixer au panier du vélib, en passant au dessus du guidon. De cette façon, la saccoche est fixée au centre du guidon du Vélib (qui est plutôt large), et reste donc bien en vue. Il faut ensuite faire une ouverture dans la saccoche pour voir l’écran (donc avec des ciseaux) et fixer un film plastique sur l’ouverture (pochette plastique à découper, puis à coudre sur l’ouverture). Le prix de tout ça dépend de la sachoche que vous aurez trouvé, mais ça doit tourner entre 10 et 20 euros max. Et en plus, ça doit être fun à faire :) . Les meilleures housses que j’ai pu trouver sont celles pour appareils photo. Elles sont solides, rembourrées, ont souvent un passant ceinture, et on en trouve de toutes les tailles.Ci-dessus une tentative de représentation schématique de ce que je viens de dire, avec en rouge et orange les tendeurs et en bleu la housse (basé sur la photo “Vélib Paris” par EDO lounge). Si vous optez pour cette solution, postez les photos de vos réalisations !!

Passons au point 2.2 : faire le trajet en moins de 30 minutes. Il faut savoir quelque chose d’essentiel : il est tout à fait possible de déposer son Vélib à une station au bout de 30 minutes, de reprendre un autre vélo à cette même station, et de repartir pour 30 minutes. Il n’y a qu’une seule restriction : il doit s’écouler au moins 5 minutes entre le dépôt et la nouvelle location. Ça vous laisse un peu de temps pour souffler, éventuellement marcher jusqu’à la prochaine station, planifier la suite de votre itinéraire, ou aller glander sur internet dans un parc grâce au WiFi gratuit :)

Seul écueil possible : être tellement absorbé par le plaisir de faire du vélo, qu’on ne voit pas tourner l’heure et qu’on dépasse involontairement les 30 minutes. Pour cela, je vous conseille la bonne vieille alarme sur votre montre. Point bonus si elle a une fonction compte à rebours, ce sera plus simple de le déclencher à chaque fois plutôt que de reprogrammer l’alarme 30 minutes plus tard. Pour ma part, le logiciel de navigation me demande si je veux arriver avant une heure particulière, je met donc mes 30 minutes ici.

Bien ! On a donc répondu aux problématiques liées au trajet sur le Vélib avec un GPS et une alarme. Si vous n’avez pas de GPS, il devrait y avoir quelque chose de faisable avec un téléphone, un forfait données, et OpenStreetMap, mais je n’ai pas creusé. Là-aussi, n’hésitez pas à poster vos solutions en commentaires. Enfin, si vous n’avez aucun de ces gadgets, il y a toujours le bon vieux plan des stations fourni par la mairie de Paris.

Vous avez donc joyeusement pédalé jusqu’à votre destination, passons à la suite.

3. L’arrivée

Il reste donc à déposer son Vélib dans une station proche de sa destination, et surtout disposant d’au moins un emplacement vide. Pour cela, je n’ai malheureusement toujours pas trouvé de solution optimum. Il existe des sites proposant de donner les stations disponibles à proximité d’une adresse ou d’une autre station, on peut donc utiliser une connexion internet (soit forfait data soit WiFi ouvert) pour accéder à ces sites quand on est arrivé à une station pleine, et se faire guider par le GPS jusqu’à la station vide la plus proche. C’est la solution que j’utilise pour l’instant. Les bornes Vélib peuvent aussi fournir ce type d’informations, mais ça peut être plus long si il y a du monde, et elles ne donnent pas le nombre de places libres (il vaut mieux préférer une station avec trois places qu’une avec une seule place).

Vélib bikes in Paris, widely succesful
Creative CommonsVélib bikes in Paris, widely succesful” par Truus, Bob & Jan too!

Selon moi l’optimum serait :

  • soit que le site web m’indiquant la station libre la plus proche lance ensuite la navigation vers cette station
  • soit, encore mieux, informer mon logiciel de navigation sur la disponibilité des stations.

Pour l’instant, j’utilise donc une solution bien-mais-pas-top, qui répond quand même à ma problématique de vélibeur.

J’ai quand même commencé à réfléchir à un moyen, pour l’instant je pense à un service web qui me génèrerait la liste des Points d’Intérêt Vélib dynamiquement en excluant les stations pleines, et il faudrait donc que je télécharge cette liste depuis le PDA/GPS, que je remplace le fichier de POI avec le nouveau, et que je recharge le logiciel de navigation. Un logiciel sur le PDA pourrait faire tout ça automatiquement.

Pour l’instant, c’est trop compliqué et ça demande trop de travail de ma part pour que je m’y sois attelé. Si vous avez trouvé un meilleur moyen, je suis évidemment très intéressé !

OK ! Je pense qu’on a fait le tour. Avec tout ça, vous êtes armés pour faire de Vélib un moyen de transport extrêmement souple, bon marché, agréable, et propre.

Decorated Velib' (3)
Creative CommonsDecorated Velib’ (3)” par Castorp Republic

Annexes

Le coin du geek : comment générer une liste à jour des Points d’Intérêt Vélib ?

Au delà de l’intérêt purement geekesque, pourquoi générer cette liste, alors que d’autres personnes l’ont déjà fait ? Parce que, habitant en proche banlieue, j’ai besoin d’avoir une liste des stations très à jour. Les stations de banlieue sont encore en cours de construction, et peuvent donc s’activer du jour au lendemain.

La mairie de Paris met à disposition la liste des stations avec leurs caractéristiques et leurs coordonnées sous forme d’un flux XML. L’idée est donc de convertir ce flux XML en un fichier au format de votre logiciel de navigation. On va prendre le problème en sens inverse : les fichiers utilisés par les logiciels de navigation sont souvent dans des formats propriétaires, mais il existe un excellent logiciel pour convertir entre ces formats : GPSBabel. On va donc finir notre traitement par un passage dans GPSBabel, avec comme paramètre le format utilisé par votre logiciel de navigation.

En entrée de GPSBabel, on met le format qu’on veut. Pour faire simple, on va utiliser l’option CSV : texte simple séparé par des points-virgules. Il s’agit donc de convertir le XML de référence vers ce format CSV. Pour convertir du XML, il y a quelque chose d’assez simple, de puissant et de portable : XSL. A l’aide d’une feuille XSL, on peut donc traiter les champs fournis et reconstituer le CSV de destination. Comme le XML d’origine propose un indicateur signalant si la station est ouverte ou fermée, j’en profite pour ajouter cette information dans le nom du point d’intérêt. Comme ça, pas de surprise. Je met le numéro de la station en premier parce que c’est plus facile à rechercher dans l’interface.

Et voilà, il ne reste plus qu’un petit Makefile pour enchaîner les opérations, et on peut avoir automatiquement une liste de POI à jour, prête à être envoyée vers le GPS. Ce que j’ai fait se trouve là, si ça vous intéresse.

Sites intéressants

Voilà quelques sites intéressants sur Vélib :

J’espère que toutes ces informations vous auront intéressé. Si vous avez des idées, des améliorations, des alternatives, ou plus généralement des commentaires, c’est juste là-dessous ! :)