J.K. Rowling, une experte de la philosophie bouddhiste ?
Le mardi 18 août 2009, 20:50 - Lien permanent
Sous ce titre accrocheur mais complètement débile, je voudrais vous faire part d’une réflexion qui m’a traversé l’esprit à propos d’un livre que je lis en ce moment.
Tout d’abord, souvenez-vous de cette scène dans “Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban”, où le professeur Lupin apprend aux élèves à combattre un Épouvantard (Boggart). Il explique qu’il faut l’imaginer dans une forme rigolotte, et utiliser la formule « Riddikulus » pour le forcer à prendre cette forme. C’est l’éclat de rire du sorcier qui l’achève. Après l’explication du professeur, une file d’attente d’élèves se forme devant le placard où est enfermé l’Épouvantard, et c’est Neville qui est le premier. La porte s’ouvre, l’Épouvantard prend alors la forme du professeur Snape pour faire peur à Neville. Ce dernier, bien qu’effrayé au début, se re-concentre, imagine Snape dans les habits de sa grand mère, lance la formule, et voilà le terrible professeur dans un accoutrement des plus risibles ! Neville éclate de rire, l’Épouvantard disparaît, et au suivant !
Mais quel est le rapport avec le bouddhisme ?
Je suis en train de lire le livre « Plaidoyer pour le bonheur », par Matthieu Ricard (que je vous recommande chaudement au passage). Un paragraphe m’a amené la scène précédente à l’esprit, je vous le cite ici :
[… Il faut mener une introspection lucide.] On peut mener celle-ci en recourant à deux méthodes : l’une analytique, l’autre contemplative.
L’analyse consiste à évaluer honnêtement les tenants et les aboutissants de nos souffrances, ainsi que celles que nous infligeons aux autres. Cela implique de comprendre quels sont les pensées, les paroles et les actes qui engendrent immanquablement la souffrance et quels sont ceux qui contribuent au mieux-être. Le préalable à une telle démarche est bien sûr d’avoir pris conscience que quelque chose ne va vraiment pas dans notre manière d’être et d’agir. Il faut ensuite aspirer ardemment à changer.
L’attitude contemplative est plus subjective. Elle consiste à délaisser quelques instants le bouillonnement de nos pensées pour regarder calmement au fond de nous, comme on contemplerait un paysage intérieur, afin de découvrir ce qui incarne notre aspiration la plus chère.
Il dit qu’il voit pas le rapport…
J’imagine tout à fait regarder au fond de soi les différents traumatismes, les obsessions et les névroses accumulés au fil des années, comme Neville a vu Snape sortir du placard. Ça fait peur, mais il faut rester concentré. Ensuite, on les analyse, on les décortique, et on trouve les causes, aussi minimes ou idiotes soient-elles. Une fois qu’on les a bien étalées au grand jour, et que tout est clair, la volonté de s’en débarrasser s’incarne en un « Riddikulus ! » intérieur. On rit de soi-même, ni pour la première ni pour la dernière fois, parce que finalement ça tenait à bien peu de choses. Et dans un « pop ! » accompagné de volutes de fumées, les névroses sont vaincues, les obsessions disparaissent, les traumatismes sont guéris.
Ça a l’air facile comme ça, et je me doute bien que c’est beaucoup plus de boulot que ça en a l’air, mais je trouve amusant que la Voie puisse être montrée par un best seller de la littérature pour enfants 















Commentaires
mercredi 19 août 2009, 01:45
Sauf que …
“car la réalité n’existe pas, gna gna gna “, bref, on a lu le même bouquin !
Sauf que tu dis “Une fois qu’on les a bien étalées au grand jour, et que tout est clair, la volonté de s’en débarrasser s’incarne en un « Riddikulus ! » intérieur” mais il dit “Le préalable à une telle démarche est bien sûr d’avoir pris conscience que quelque chose ne va vraiment pas dans notre manière d’être et d’agir. Il faut ensuite aspirer ardemment à changer.”
Il y a donc un rapport de cause à conséquence que tu inverse. Matthieu dit “pour analyser, il faut d’abord ardemment aspirer à changer”, et tu dis “analysez, et votre volonté de changement s’incarnera en “Riddikulus” “
Matthieu ne dit pas que la volonté de changer s’incarnera d’une manière ou d’une autre. Ou plutôt il dit que la volonté de changer est un préalable et s’incarnera, d’une certaine manière, en moins de souffrance. Le “rire de soi-même” que tu évoque n’est qu’une réaction.
Matthieu Ricard dit par ailleurs qu’il faut “juste” changer la vision qu’on a du monde
Ceci dit, je pense qu’on retrouve ce genre de philosophie dans pas mal de religions, ou de philosophies, mais on en discutera autour de saucisses
mercredi 19 août 2009, 06:47
@Gab : Je pense voir ce que tu veux dire, mais dans ce cas je me suis mal exprimé : il est clair qu’il faut vouloir changer, sinon ce n’est même pas la peine de “laisser sortir l’Épouvantard du placard”, c’est à dire de regarder au fond de soi. Je pars du principe qu’on a déjà cette volonté de changement, et je ne parle que de l’impact qu’elle aura après analyse, c’est à dire le coup fatal.
Je suis bien d’accord sur le fait que l’introspection se retrouve très probablement dans tout un tas d’autres “enseignements”, notamment en psychothérapeutie, et sûrement aussi plein d’autres trucs que je ne connais pas. M’enfin bon, j’essaye de ne pas trop parler de choses que je ne connais pas, sur Internet y’a toujours un malade monomaniaque pour te ridiculiser
mercredi 19 août 2009, 09:22
@Aurélien : Je parlais plus de “changer sa vision du monde” que d’introspection. L’avantage de ce bouquin, à ce sujet, c’est qu’il te donne l’attitude à avoir qd tu fais de l’introspection, il t’explique les mécanisme : le “moi” n’existe pas, toute émotion est fugace, …
PS: comment tu fais pour que qd tu mets ‘@Gab’ ça fasse un lien vers mon commentaire ?
mercredi 19 août 2009, 10:19
@Gab : Le bouquin est vachement bien, c’est clair. Mais je l’ai pas encore fini, donc je blogposterai probablement dessus à ce moment-là
Tu cliques sur la petite flèche grise à droite du nom de la personne à qui tu veux répondre.
jeudi 20 août 2009, 01:08
Ce qui est amusant avec ce genre de livres, c’est qu’il délivre un message universel et plein de bon sens. Du coup, tu peux en voir des applications pratiques et/ou théoriques un peu partout. En fait, ça confirme tout simplement ce qu’ils racontent.
samedi 22 août 2009, 15:31
J’ai terminé le “plaidoyer pour le bonheur” il y a quelques mois et j’ai vraiment adoré. Je ne suis pas d’accord avec Gab lorqu’il dit que l’on retrouve cette philosophie dans pas mal de religion.
Par définition dans une religion on suit le dogme d’un texte, représenté par des chefs religieux, il n’y a pas de remise en question du texte et encore moins d’introspection ou alors de manière très limité.
Matthieu nous explique que dans le Bouddhisme il faut chercher les réponses à l’intérieure de soi et non à l’extérieur. Cela passe par l’introspection avec l’aide de la méditation.
Bref cela demande beaucoup plus d’efforts que de suivre un dogme religieux aveuglément ; de plus l’introspection impose la faculté à pouvoir se remettre en question et donc oublier cette illusion que nous tenons à valoriser en occident : l’égo.
Matthieu ne dit pas que la réalité n’existe pas, cela restreindrait la discussion à un débat philosophique de comptoir, il dit que la réalité perçue et façonnée par notre égo n’existe pas. En effet on croit atteindre le bonheur lorsqu’on a réuni un certain nombre de besoins matériels et sociaux mais c’est un bonheur très fragile, provisoire et dépendant de ce que les autres pensent.
L’égo n’existe pas, c’est une invention de l’esprit dicté par la société de consommation.
De même les émotions ne représentent en rien la personnalité de quelqu’un. Elles ne sont que la surface de l’océan, et se laisser diriger par elles revient à ne jamais connaitre la plénitude des grands fonds. Quand on a compris ça on est à même de comprendre la phrase de Nietzsche : “Deviens ce que tu es”
De toute manière il en parle mieux que moi même, autant lire son blog : http://www.matthieuricard.org/
Je conseille également cet énorme film qui aborde le Bouddhisme d’une manière très originale : http://manfromearth.com/
Mon article à ce sujet : http://frederic.logier.org/2008/10/…
samedi 22 août 2009, 17:25
@fredix : Merci pour ce commentaire très intéressant. Je pense que le bouddhisme a deux volets :
La question religieuse ne m’attire que d’un point de vue culturel, mais la partie philosophique m’intéresse très fortement !
Ça me fait un peu penser, pour ceux qui l’ont lu, à “Fondation” d’Asimov. Pendant que la première fondation se développe sur le plan technologique pendant des milliers d’années, une seconde fondation est instaurée, dont l’objectif est de se développer autant sur le plan psychologique que la première l’a fait sur le plan matériel.
Le bouddhisme est notre seconde fondation.
mardi 25 août 2009, 12:38
@Aurélien : En espérant que nous ayons notre Harry Seldon.
lundi 21 septembre 2009, 02:25
je constate qu il y a ici de gros mangeur de livre,pour ma part j en ai lu aucun ni même suivi l école,je suis ce que l on peut appeler un autodidacte.
je ne peut donc vous parler de pensées d un autre mais je peut par contre vous faire part des miennes.chaqu un cherche de son coté la formule miracle du bonheur,a chercher dans les livres ou la religion les belles parole d un homme se prétendant être penseur ou philosophe,mais aucune réponse ne vient d ailleurs.l homme aussi intelligent qu il sois est conditionner a imiter,et suivre l idée la plus forte.Tu es libre d être con mais con de croire que tu es libre.vos idée sont telles vraiment les vôtres?ou sont t elles celles d un autre
arrangé avec vos mots?ne prétendé jamais avoir compris une idée ou une souffrance,on peut l entendre mais non le comprendre ci on la pas vécu..
vous voulez que je vous disent la véritté personne ne la mais tous la défende.
le bonheur,la peine,la peur,et tout ce qui constitue l idée de vie,et purement psychologique.vous souhaité etre heureux alors accepter que les coup ne sois que physique,exercer sur vous pour toucher votre force mental,que rien n est fait ni n est dit sans pensé.ce n est pas de sois qu il faut rire mais de ceux qui pense vous toucher a l interrieur .n avalez pas les paroles d un autre écoutez les et créer vos propre ligne de conduite.la méditation et avent tout pour sois ,accepté d être libre et en paix avec vous même.pour ma part j ai choisi d être un loup plutôt qu un mouton lol peace
lundi 21 septembre 2009, 06:54
@kos : Tu as raison d’essayer de te forger tes propres idées, mais tu ne devrais pas mettre de côté aussi rapidement la lecture des idées d’un autre. Pas pour les suivre aveuglément, mais pour découvrir une nouvelle piste à explorer par toi-même.
Est-ce que ça aurait un sens que j’essaye d’inventer la roue moi-même ? Le travail du métal, la chimie, les mathématiques ou la thermodynamique ? Non, je m’appuie sur ce que les autres ont découvert, ce qui nous permet à tous d’avancer plus loin.
La philosophie n’est pas différente, tu peux essayer de tout découvrir par toi-même, ça peut être intéressant pour toi, mais en une vie humaine tu n’auras pas le temps d’aller très loin.
En plus, tu as aujourd’hui tellement de “courants de pensées” accessibles sur les rayons des librairies, que rien que le choix d’un ou de plusieurs d’entre eux est déjà un vrai choix reflétant ta personnalité.
Bien sûr que tu dois faire ton propre cheminement de pensée pour la comprendre et la faire tienne, mais quelqu’un d’autre peut très bien te montrer le départ du chemin, sans que ça enlève de la valeur à ta propre pensée.
> pour ma part j ai choisi d être un loup plutôt qu un mouton
Attention à ces dichotomies faciles, c’est beaucoup plus complexe que ça (et plus intéressant aussi !)