Taxe carbone, mon point de vue.
Le dimanche 27 septembre 2009, 22:22 - Lien permanent
Tout le monde en parle en ce moment, les avis sont très tranchés, il s’agit de la taxe carbone. La fameuse taxe qui, telle la TIPP, la taxe sur le tabac, et d’autres encore, va faire monter le prix des produits pétroliers dont nous dépendons. Appelée “Contribution Climat-Énergie” en France, elle a été annoncée pour le budget 2010, et sera de 17€ la tonne de CO2.

“pollution!”
par A6U571N
Pas de langue de bois, je suis entièrement pour l’instauration de cette taxe. Cette décision se renforce tous les jours, en voyant des gens tout à fait corrects, des proches, et même des membres de la famille prendre régulièrement des décisions qui vont dans la mauvaise direction si on veut préserver notre climat, et diminuer notre dépendance aux énergies fossiles.
C’est bien simple : le grand public, aussi bien intentionné soit-il, ne va pas se sevrer du fossile si on ne l’aide pas. Et c’est tout à fait normal, de la même façon qu’un fumeur qui essaye d’arrêter peut parfois avoir besoin de son patch, le grand public a besoin d’un incitatif. On taxe déjà les cigarettes pour inciter les gens à diminuer voire à arrêter, il est plus que temps de taxer les hydrocarbures fossiles.
Pourquoi est-ce si nécessaire, et si urgent ?
Étant donné que la quantité de pétrole disponible sur Terre est limitée (là-dessus tout le monde est d’accord), cela veut dire que notre capacité de production va monter, puis descendre. Il est mathématiquement obligatoire d’atteindre un jour un pic de production, puis d’entrer dans une phase où on ne pourra plus extraire le pétrole en quantités toujours croissantes, tout simplement parce ce qu’il n’y en aura plus assez. C’est ce que l’on nomme le “pic pétrolier”.
Si tout le monde est d’accord sur le fait qu’il arrivera un jour, toute la question est de savoir quand. Évidemment, vu l’impact qu’il va avoir, il y a déjà des gens qui font des études sur la question. Les compagnies pétrolières bien sûr, et des organismes indépendants comme l’ASPO. Les compagnies pétrolières, qui n’ont pas vraiment intérêt à dire que c’est pour demain, le prévoient pour 2020 au plus tard. L’ASPO, elle, le prévoit pour dans 5 ans maximum.
Le pic pétrolier est à prendre très au sérieux, parce que le monde est extrêmement dépendant des hydrocarbures fossiles : 60% de l’énergie mondiale en provient (le reste, c’est le nucléaire, le bois, et l’hydro-électrique). Et dans le secteur des transports, c’est bien pire encore. Si on regarde les courbes du prix du pétrole, de l’activité économique, et du taux de chômage, on constate qu’elles sont intimement liées. Certes le prix du pétrole est dépendant de l’activité économique, mais les pics des années 70 prouvent que la réciproque est vraie elle aussi : l’activité économique dépend (entre autres) du prix du pétrole.
Quand le pic pétrolier nous fera redescendre sur Terre, en nous rappelant que la quantité disponible est limitée, il y a toutes les chances qu’on entre dans une récession économique très sévère. Et pas la petite crise des subprimes, qui fera pâle figure à côté, non, une récession durable, venant du fait que pétrole va structurellement se raréfier.
Il n’y a donc pas de temps à perdre. Des spécialistes estiment qu’il faudra au moins 20 ans pour métamorphoser notre économie afin de la rendre moins dépendante du pétrole (je trouve ça optimiste, mais après tout ce n’est pas moi le spécialiste). Nous avons pris de très mauvaises habitudes, notre nourriture fait parfois plusieurs fois le tour de la Terre avant d’arriver dans notre assiette, nous habitons loin de notre lieu de travail, nous chauffons nos logements à 25 degrés en plein hiver et les climatisons pendant l’été, nous partons à l’autre bout du monde pour 2 semaines sur un coup de tête, la liste est longue, et Fred Vargas l’exprime bien mieux que je pourrais jamais le faire. Il faut remettre les pieds sur Terre, et vite, sinon la gueule de bois sera particulièrement sévère. “Sévère” comme dans famines, guerres et totalitarisme. Et rien ne garantit que les guerres restent confinées à ces petits pays lointains auxquels personne ne s’intéresse (c’est de l’ironie, hein). Après tout, la récession sévère dans les années 1930 en Allemagne ne nous a pas tellement épargnés quelques années plus tard.

“Thirsty for Oil”
par hrtmnstrfr
La politique politicienne s’en mêle
On a un gros problème avec la Taxe carbone. Tout le monde était d’accord pour signer le Pacte de Nicolas Hulot avant les présidentielles, pacte dont cette taxe était la mesure phare, mais maintenant les batailles politiciennes on repris le dessus. Même sur un sujet aussi grave, nous sommes incapable de créer une union nationale. C’est le plus grand défi de notre siècle, et on se trouve des excuses pour protester.
L’objectif de cette taxe est clair : faire monter le prix des hydrocarbures fossiles (qu’on ne paie pas aujourd’hui : on ne paie que le prix de l’extraction) pour nous inciter économiquement à trouver des alternatives. Le prix du pétrole doit monter plus vite que le pouvoir d’achat, et il doit être très clair pour tous les français que le prix du pétrole ne baissera plus jamais.
Dans cette bataille politicienne, personne n’est tout blanc ni tout noir :
- l’UMP annonce cette taxe pour 2010 (là-dessus, bravo), mais avec un prix très bas, et surtout sans garantir qu’elle augmente régulièrement.
- Le PS est contre, critiquant l’utilisation des recettes de la taxe. Une certaine figure médiatique montre son incompréhension flagrante du sujet en proposant de taxer Total (le but n’est pas de faire rentrer de l’argent dans les caisses, mais de changer les comportements des français). D’autres y vont même de la plus basse démagogie en l’appelant “Impôt Sarkozy”. On aura tout vu.
- Le MoDem semble contre, mais pour sur le principe d’une taxe carbone. Toutefois, je n’ai pas trouvé de communiqué officiel clair sur le sujet.
- L’extrême gauche est contre, parce que bien sûr ce sont les entreprises qui polluent et pas les honnêtes camarades.
- Les Verts , eux, sont pour (et heureusement) mais critiquent tellement l’implémentation par l’UMP que le message en est très fortement dilué.
Les critiques sont principalement sur trois points :
- Le montant de la taxe
- L’utilisation de l’argent récolté
- L’exonération de l’électricité.
Voilà mon point de vue sur la question. Point de vue qui, comme d’habitude, vaut ce qu’il vaut, mais après tout c’est mon blog ici 
Le montant de la taxe
La taxe sera de 17€ par tonne de CO2. C’est très peu, bien moins que les 32 à 45€ préconisés par le rapport de la commission Rocard, en charge de l’étude. En fait, c’est le prix en cours sur le marché européen des quotas, qui a le succès qu’on lui connaît…
Mais à la limite, ce n’est pas le point de départ qui compte, c’est le point d’arrivée. Ce qui compte avant tout, c’est d’annoncer clairement : la taxe sera de 100€ en 2020 (ou plus si on peut). 100€, c’est déjà le montant qu’elle a en Suède par exemple. Aujourd’hui. Pour que l’effet soit dissuasif, et c’est bien là tout l’objectif, il faut que les consommateurs puissent planifier leur sevrage du pétrole, prendre les bonnes décisions maintenant en ayant une vision claire de l’avenir. Le nombre de centimes ajoutés à la pompe aujourd’hui n’a pas tant d’intérêt que ça.
Pour faire passer cette taxe en 2010, je peux comprendre que le gouvernement ait décidé de lâcher du mou sur le prix initial. Il n’aurait cependant jamais dû passer sous silence la progression de la taxe, puisque c’est là tout son intérêt. L’échec total étant d’écoper d’une taxe de 17€ non réévaluée.

“Money Grab”
par Steve Wampler
Les revenus de la taxe
La Fondation Nicolas Hulot avait proposé que les revenus de cette taxe soient entièrement redistribués aux ménages et aux entreprises, sur le principe d’un “chèque vert” d’un montant fixe. Ainsi, si vous consommez plus que la moyenne, cette taxe se traduira par un coût, mais si vous consommez moins elle se traduira par un revenu. C’est une excellente idée, puisque cela va inciter les consommateurs à consommer de moins en moins en maniant à la fois la carotte et le bâton. La proposition présentait aussi un fonds de solidarité énergétique pour aider ceux qui auront le plus de mal à faire face à cette nouvelle taxe (précaires, ruraux, etc.)
Je pense que c’est une excellente proposition, mais je serais même prêt à aller plus loin : utiliser les revenus de cette taxe pour préparer notre adaptation à un monde sans hydrocarbures fossiles. Donc, par exemple, financer à 100% l’isolation des bâtiments et l’installation de chaudières à bois (ou géothermiques), développer les transports en commun, subventionner des recherches, aider certaines industries à utiliser des techniques alternatives non dépendantes des hydrocarbures fossiles, etc. Il y a beaucoup à faire.
L’électricité
On entend tous les opposants à la taxe proposée par le gouvernement se plaindre du fait qu’elle ne couvre pas l’électricité. Comme quoi ce serait un “cadeau” au “lobby nucléaire”. Il se trouve qu’en France, notre électricité n’est pas produite en utilisant des combustibles fossiles (enfin très très peu, il reste une ou deux centrales thermiques classiques). La production électrique Française n’émet pas de carbone, je ne vois donc pas pourquoi elle devrait être couverte par une taxe carbone. Il est vrai que dans les périodes de forte consommation, nous importons de l’énergie de nos voisins européens comme l’Allemagne et l’Angleterre, qui sont bien plus émetteurs de carbone. Mais ces pics sont l’affaire de quelques journées par an, une ou deux semaines tout au plus.
C’est grâce à cela que les français on la chance de ne devoir réduire leurs émissions “que” d’un facteur 4, alors que c’est 6 pour certains européens, et plus de 10 pour les américains (du nord).
Personnellement, je pense qu’il faut concentrer nos efforts sur la sortie de l’énergie fossile, pour essayer de sauver notre climat. On se penchera sur la question de la surconsommation électrique après, c’est moins urgent. Si au passage, ça veut dire construire une ou deux centrales nucléaires de plus, je trouve que c’est un bien faible prix à payer. Si en plus ce sont des centrales surgénératrices, on s’en sort encore mieux. Je rappelle que le nucléaire civil, ce n’est pas l’œuvre du Malin.

“home with free electricity”
par kainet
Une assurance pour l’après-pétrole
On dit beaucoup de choses sur cette taxe, mais finalement elle est très similaire à une assurance sur l’énergie fossile. Si on vous disait que dans 5 à 10 ans, votre maison va brûler, est-ce que vous hésiteriez à prendre une assurance ? C’est payer un peu maintenant pour éviter le désastre ensuite.
Soit on laisse le “marché” gouverner le prix des hydrocarbures fossiles, et il faut s’attendre à quelques années en dents de scie, puis à une augmentation brutale quand la physique se rappellera à notre bon souvenir ; soit on prévoit le coup et on essaye de lisser la courbe.
À peu près tous les experts, y compris économiques, convergent vers le bien fondé d’une telle taxe. Il est vrai que le projet du gouvernement est très largement perfectible, c’est le moins qu’on puisse dire, mais il a le mérite de “partir à temps”. Tant qu’il est clair que la taxe est progressive, plus rapide que le pouvoir d’achat, et avec un objectif fixé (un montant et une date), je pense qu’il faut y aller. Si on attend l’année prochaine, on va se rapprocher dangereusement de 2012, échéance dans laquelle le courage politique est soluble à 100%…
À lire aussi, l’article de Jean-Marc Jancovici sur le sujet.















Commentaires
lundi 28 septembre 2009, 07:26
Bon article, mais en fait elle servira à quoi cette taxe? Non parce que bon… exemple : l’électrique c’est loin d’être le pied (bon… 6h de recharge pour faire 160km environs…)! Elle servira à la recherche sur l’hydrogène? elle servira à faire baisser les coûts des énergies renouvelable?
Franchement… tant que les plus petits revenue n’auront pas accès à tout ce qui peut améliorer de faible consommation, cela mettra beaucoup plus de temps!
Enfin bref… ce n’est que mon avis perso…
lundi 28 septembre 2009, 08:20
Le problème, c’est que la “taxe carbone” est un prétexte pour justifier une nouvelle baisse d’impôts, sans pour autant grever un budget déjà bien mal en point. L’astuce étant d’annoncer la baisse d’impôts après une taxe supposé être destiné à un but écologique soit-disant pour compenser. Quant aux fameux chèques verts, je suis d’accord avec Benoît Hamon, c’est une mystification destiné à limiter l’érosion de l’électorat UMP pour les régionales 2010. Les chèques verts ne compensent rien, et rien ne garantit leur survie après les prochaines sessions électorales.
Dans les faits, il est quasi certain que la taxe carbone finira à combler les trous du budget de l’Etat.
> il doit être très clair pour tous les français que le prix du pétrole ne baissera plus jamais.
A-t-il jamais baissé ? Même quand les coûts de production ont été au plus bas, cela n’a jamais été répercuté à la pompe. Si le but de la taxe carbone c’est de faire monter artificiellement le prix du pétrole, la TIPP et l’industrie s’en chargent déjà pour nous.
En revanche, le gouvernement n’est pas aussi pressé de taxer lourdement les groupes pétroliers qui font des bénéfices records et dont la responsabilité dans bon nombres de drames écologiques et même humains ne sont plus à faire.
Le gouvernement n’est également pas pressé de développer le réseau national de transport en commun, ni même d’assurer un service minimum en cas de grèves à répétition.
On notera qu’en parallèle, le gouvernement décide de réduire la prime à la casse, au lieu d’encourager les ménages à remplacer leur véhicule par un autre plus récent et donc moins polluant, on va encore punir les ménages les plus fragiles économiquement par une taxe dont la seule finalité est de baisser les impôts pour les ménages les plus aisés.
Plutôt que d’opter pour une politique répressive, il faudrait plus d’actions positives.
Claude Allègre (bien plus crédible que cet imbécile de Nicolas Hulot) avait émis l’idée d’un grand plan “voitures électriques/hybrides” afin de rendre leur achat et leur maintenance nettement plus attractif.
Parce que pas de véhicule, c’est souvent synonyme de pas de boulot). L’éloignement domicile-travail est un vrai problème, les transports en commun ne sont pas adaptés aux horaires de travail, hors des grosses agglomérations, ils sont quasi inexistants, on supprime les services de proximités. Certes, on pourrait inciter les personnes à se ruer en ville, mais c’est oublier le problème du manque de logement, les loyers et prix de ventes exorbitants.
On oublie également le problème de l’isolation thermique des logements, des emballages, il y a tout un tas de mesures qui pourrait faire diminuer sensiblement nos rejets en CO2 sans créer une nouvelle taxe.
Le gros problème de l’écologie, c’est son appropriation par une bande de bobos complètement déconnectés des réalités sociales. Ce n’est pas en stigmatisant les classes populaires qu’on arrivera à un monde plus propre, plus vert.
Il est aussi important que l’écologie soit accepté par tous, ça passe par l’éducation, des mesures positives et en dernier lieu la répression. Comme l’a souligné VINDICATORs, toute politique écologique négligeant la dimension sociale est destiné à l’échec.
lundi 28 septembre 2009, 08:24
@VINDICATORs :
> l’électrique c’est loin d’être le pied (bon… 6h de recharge pour faire 160km environs…) !
Là dessus il y a encore beaucoup de recherches à faire. Ou des solutions alternatives type Betterplace. Ou des plug-in hybrids. Bref, il y a des tas de pistes, il faut les explorer.
> Elle servira à la recherche sur l’hydrogène?
Personnellement, je ne pense pas que la pile à hydrogène sera un jour plus intéressante qu’une batterie. Elle n’a rien pour elle. Quelques détails dans cet article.
> elle servira à faire baisser les coûts des énergies renouvelable?
Peut-être, en préparant l’infrastructure nécessaire. Je pense au chauffage au bois, qui a largement de la place pour se développer.
Mais ce que je trouve le plus important, c’est d’économiser l’énergie ! Si l’état met en place une politique de remboursement à 100% des isolations des bâtiments (logements, bureaux, etc.), les petits revenus y auront évidemment accès, et ce sera très bénéfique. Si il y a aussi un remboursement de l’installation de chaudières à bois ou géothermiques, là aussi ce sera accessible aux petits revenus. Si on décide que toute ville de plus de X habitants doit avoir un réseau de transports en commun bien développé, et qu’on finance ce développement, encore une fois tout le monde en profite.
Bref, je ne suis pas inquiet sur le manque d’idées pour utiliser l’argent récolté. Et si l’argent était mal utilisé, au pire, ce ne serait qu’un gâchis d’argent public. Qui est très dommageable et doit évidemment être évité, mais qui n’est pas une catastrophe planétaire. Le but est avant tout de nous sevrer des hydrocarbures fossiles.
lundi 28 septembre 2009, 09:23
@Karl_le_Rouge :
Tout d’abord, merci pour ce commentaire long et détaillé. Même si, et tu t’en doutes bien, je ne suis globalement pas d’accord, c’est l’occasion d’en discuter.
Je vais faire des coupures dans ton commentaire pour répondre partie par partie, mais si tu penses que j’ai dénaturé ton propos en coupant, n’hésite pas à le signaler, ce n’est pas du tout mon intention.
> Le problème, c’est que la “taxe carbone” est un prétexte pour justifier une nouvelle baisse d’impôts
Effectivement, c’est une possibilité. Je ne suis pas favorables aux divers cadeaux que fait l’UMP aux grandes entreprises, mais franchement, je ne me fais pas d’illusion sur les intentions de ce gouvernement. Bien sûr que l’argent de la taxe pourra être mieux employé. Mais ça ne rend pas la taxe carbone négative dans son ensemble. Son objectif numéro 1 est de faire changer les comportements. Je suis évidemment conscient qu’il ne faut pas laisser tomber ceux pour qui cette taxe aura un réel impact budgétaire (enfin pas en 2010, parce que bon, 3 centimes à la pompe…) mais j’y viendrais plus tard.
> Dans les faits, il est quasi certain que la taxe carbone finira à combler les trous du budget de l’Etat.
Juste un point là-dessus : combler les trous du budget de l’État n’est pas forcément une mauvaise chose en soi. Après tout, nous sommes sévèrement endettés, ce serait bien de se diriger au moins vers la sortie.
Le problème, c’est de continuer à faire des trous dans le budget avec l’autre main.
> Quant aux fameux chèques verts, je suis d’accord avec Benoît Hamon, c’est une mystification destiné à limiter l’érosion de l’électorat UMP pour les régionales 2010.
Je ne prétends pas connaître la raison politicienne, en attendant c’est quand même de l’argent qui va arriver dans la poche de ces fameux bas revenus. L’incitation à consommer moins est bien présente.
> A-t-il jamais baissé (le prix du pétrole) ?
Oui, très clairement. Depuis le début de notre découverte du pétrole, le prix du pétrole rapporté au pouvoir d’achat n’a fait que baisser, sauf au moment des deux pics pétroliers. C’est bien simple, rapporté au pouvoir d’achat, le prix du pétrole à baissé d’un facteur 10 au cours du 20ème siècle.
> Si le but de la taxe carbone c’est de faire monter artificiellement le prix du pétrole, la TIPP et l’industrie s’en chargent déjà pour nous.
Sauf que non, la TIPP est criblée d’exonérations, et elle n’a pas pour objectif d’augmenter progressivement pour décourager la consommation.
> En revanche, le gouvernement n’est pas aussi pressé de taxer lourdement les groupes pétroliers qui font des bénéfices records et dont la responsabilité dans bon nombres de drames écologiques et même humains ne sont plus à faire.
Certes, mais ce n’est pas le sujet. Taxer les groupes pétroliers ne va pas décourager la consommation d’hydrocarbures fossiles chez les entreprises et les citoyens.
> Le gouvernement n’est également pas pressé de développer le réseau national de transport en commun, ni même d’assurer un service minimum en cas de grèves à répétition.
Ça c’est un problème.
> On notera qu’en parallèle, le gouvernement décide de réduire la prime à la casse, au lieu d’encourager les ménages à remplacer leur véhicule par un autre plus récent et donc moins polluant
Oui, ça, bof, je suis pas convaincu. Si j’ai une prime pour remplacer mon véhicule qui fait 130g de CO2 au km par un autre qui fait 129, je suis pas sûr que le bilan économique soit favorable même si la voiture roule 20 ans. Ca ressemble plus à une mesure pour relancer l’industrie automobile.
> Claude Allègre (bien plus crédible que cet imbécile de Nicolas Hulot)
Ah. Houlà. Euh, comment dire… Là il y a un gros désaccord. Quand je vois qui conseille N. Hulot, et les énormités que peut sortir Allègre parfois (enfin récemment, ça n’a pas toujours été comme ça), je sais à qui je préfère faire confiance.
> avait émis l’idée d’un grand plan “voitures électriques/hybrides” afin de rendre leur achat et leur maintenance nettement plus attractif.
Voilà, ça c’est une bonne idée. Même si je pense qu’il est prioritaire de “consommer moins” par rapport à “consommer autrement”, cette proposition va tout de même dans le bon sens selon moi.
> L’éloignement domicile-travail est un vrai problème,
Tout à fait d’accord.
> les transports en commun ne sont pas adaptés aux horaires de travail
C’est mon seul moyen de transport, je les trouve très bien, mais j’habite dans une grosse agglomération.
> hors des grosses agglomérations, ils sont quasi inexistants,
Tout à fait, et c’est un problème.
> On oublie également le problème de l’isolation thermique des logements
J’imagine que c’est un “On” général, parce que mon article en parle beaucoup…
> Le gros problème de l’écologie, c’est son appropriation par une bande de bobos complètement déconnectés des réalités sociales.
Ah, une bonne grosse généralisation. Dommage, jusqu’ici ton commentaire était plutôt bien argumenté.
> Ce n’est pas en stigmatisant les classes populaires qu’on arrivera à un monde plus propre, plus vert.
Et si les écolos faisaient justement tout ça pour protéger les classes populaires ? Parce que bon, quand le prix pétrole fera un bon gigantesque, honnêtement, ce n’est pas les riches qui souffriront le plus.
> Il est aussi important que l’écologie soit accepté par tous, ça passe par l’éducation, des mesures positives et en dernier lieu la répression.
Le terme “répression” est un peu fort, tu ne trouves pas ? La taxe sur le tabac, c’est de la répression ? D’accord il est plus difficile de se passer de pétrole que de tabac, mais on peut au moins essayer d’en consommer moins.
> Comme l’a souligné VINDICATORs, toute politique écologique négligeant la dimension sociale est destiné à l’échec.
Je ne suis pas d’accord. Et si on attend sans rien faire, que tout le monde se mette d’accord sur la politique sociale parfaite, on se prendra le mur de plein fouet.
lundi 28 septembre 2009, 09:55
> avait émis l’idée d’un grand plan “voitures électriques/hybrides” afin de rendre leur achat et leur maintenance nettement plus attractif.
En voila une idée quelle est mauvaise. Tant que la majorité des gens n’aura pas compris que ce n’est pas une crise du pétrole mais une crise de l’énergie on va pas avancer loin.
Il n’y a *PAS* d’alternative au pétrole aujourd’hui, il faudra consommer moins et puis c’est tout. Se reporter totalement sur l’électricité (=hydrogène) est une erreur on en a pas assez.
A l’heure de l’explosion du CO2 athmosphérique, balancer des tonnes d’hydrogène dans l’air, c’est pas judicieux, on c’est pas ce que ça fait :p L’hydrogène diffuse à travers les matériaux.
De toute manière, taxe ou pas taxe. C’est pas la solution. Le gas qui va bosser en voiture n’a pas le choix. Celui qui chauffe au gaz de ville non plus. C’est un chantier titanesque. La taxe est juste un prétexte pour rammasser de l’argent. Par contre celui qui achète une maison, il a le choix (plus ou moins) de la prendre à 30km de son boulot ou 5km…
lundi 28 septembre 2009, 10:18
Je n’ai pas fait recherches particulières sur le sujet, mais j’ai quand même quelques questions qui me taraudent à propos de cette taxe.
Comment font ceux qui n’ont pas le choix ou pas les moyens ?
Je serai ravi de prendre des transports en commun bondés si ça ne prenait pas plus de temps que la voiture (même avec les bouchons) et si ça coutait moins cher. Je serai ravi de changer de voiture pour une moins polluante, mais une voiture neuve pour profiter de la prime à la casse reste trop chère. Pourquoi n’y aurait-il pas une prime similaire pour des occasions récentes tout aussi économiques que les neuves ? Et étant locataire, je fais quoi de ma vielle chaudière à gaz et de mes cloisons mal isolées ? Ce n’est pas moi qui vais faire les travaux, mais c’est moi qui vais payer la taxe. Alors j’arrête de me chauffer et je me douche à l’eau froide ? Ou je fais un feu de bois au milieu du séjour ?
Je suis bien d’accord qu’il faut vite changer les comportements, mais encore faudrait-il donner des alternatives à tout le monde avant de nous mettre le couteau sous la gorge.
lundi 28 septembre 2009, 10:47
@Pascal :
> Tant que la majorité des gens n’aura pas compris que ce n’est pas une crise du pétrole mais une crise de l’énergie on va pas avancer loin.
Pourquoi ? C’est un peu léger comme argumentation, excuse-moi de le dire. Pourquoi mettre dans le même sac les hydrocarbures fossiles et l’électricité, ça n’a pas grand chose à voir…
> De toute manière, taxe ou pas taxe. C’est pas la solution. Le gas qui va bosser en voiture n’a pas le choix.
Je vis dans une ville très bien équipée en transports en commun, pourtant les routes et les places de parking sont très occupées. Il y a le choix.
> Celui qui chauffe au gaz de ville non plus.
Une chaudière, ça se change. Ça coûte cher, donc il faut faire ça au bon moment et il faut le subventionner, mais c’est faisable. Il y a le choix.
> La taxe est juste un prétexte pour rammasser de l’argent.
Le gouvernement a peut-être ça en tête en proposant cette loi, n’empêche que si c’est correctement progressif et que ça nous encourage à consommer moins, c’est déjà un point positif.
lundi 28 septembre 2009, 10:57
@Salokyn :
> Comment font ceux qui n’ont pas le choix ou pas les moyens ?
Déjà, c’est justement pour aider les gens qui n’ont pas les moyens que cette taxe me semble utile. C’est pour les aider à moyen terme, pas à court terme, mais c’est pour les aider quand même. On essaye tout le temps de guérir, jamais de prévenir.
> Je serai ravi de prendre des transports en commun bondés si ça ne prenait pas plus de temps que la voiture (même avec les bouchons) et si ça coutait moins cher.
Une des utilisations de la taxe pourraît être de développer les transports en commun (j’en parle dans mon article).
> Je serai ravi de changer de voiture pour une moins polluante, mais une voiture neuve pour profiter de la prime à la casse reste trop chère. Pourquoi n’y aurait-il pas une prime similaire pour des occasions récentes tout aussi économiques que les neuves ?
Comme je l’écrivais plus haut, je ne suis pas du tout convaincu par la prime à la casse. Pour moi c’est plutôt une prime de relance de l’industrie automobile, pas très habilement déguisée. Ça n’a rien à voir avec la taxe carbone.
> Et étant locataire, je fais quoi de ma vielle chaudière à gaz et de mes cloisons mal isolées ? Ce n’est pas moi qui vais faire les travaux, mais c’est moi qui vais payer la taxe.
Premièrement, la taxe pourrait servir à isoler les logements. Deuxièmement, tu peux tout à fait faire des travaux d’isolation dans un logement en location, si ma mémoire est bonne c’est le propriétaire qui paye, il a en plus des déductions d’impôt, et toi tu gaspilles moins donc tu payes moins cher. Renseigne-toi sur le sujet, je ne suis pas sûr de ça, mais je pense qu’il y a une piste.
> Je suis bien d’accord qu’il faut vite changer les comportements, mais encore faudrait-il donner des alternatives à tout le monde avant de nous mettre le couteau sous la gorge.
Je ne pense pas qu’à 17€ la tonne de CO2, il y ait vraiment un couteau sous la gorge de qui que ce soit (c’est 3 centimes à la pompe). Le but est justement de faire changer les choses progressivement pour éviter que le couteau sous la gorge soit placé par le marché, en réponse à la nature, dans quelques années.
lundi 28 septembre 2009, 11:44
@Aurélien :
> > Tant que la majorité des gens n’aura pas compris que ce n’est pas une crise du pétrole mais une crise de l’énergie on va pas avancer loin.
> Pourquoi ? C’est un peu léger comme argumentation, excuse-moi de le dire. Pourquoi mettre dans le même sac les hydrocarbures fossiles et l’électricité, ça n’a pas grand chose à voir…
Certe, c’est léger. Le manque de pétrole va se traduire par la recherche d’alternative qui vont mettre à mal les autres sources d’énergie.
Le pétrole c’est de l’énergie, l’électricité aussi. Énormément de personnes pense qu’il sufira de remplacer le pétrole par l’électricité. remplacer 30M de voitures pétrole par 30M d’électrique/hydrogène. EDF va avoir des problèmes, va falloir choisir entre faire tourner le four et la voiture…
Vu la farouche résistance à toute construction de centrales nucléaires… De toute manière c’est pas la solution, il faudrait plus que doubler le parc ?
> > De toute manière, taxe ou pas taxe. C’est pas la solution. Le gas qui va bosser en voiture n’a pas le choix.
> Je vis dans une ville très bien équipée en transports en commun, pourtant les routes et les places de parking sont très occupées. Il y a le choix.
Les centres industriels que j’ai rencontré ont toujours été mal desservis. Les quartiers résidentiels sont séparés des quartiers industriels. Rien n’est prévu.
De toutes manières faut les faire tourner avec quoi les bus ?
> > Celui qui chauffe au gaz de ville non plus.
> Une chaudière, ça se change. Ça coûte cher, donc il faut faire ça au bon moment et il faut le subventionner, mais c’est faisable. Il y a le choix.
Une chaudière ? C’est des miettes qu’on gagne la. La température de chauffage des habitions va baisser, baisse des surfaces habitables également.
Une meilleure isolation est plus efficace mais elle doit être pensée à la construction. Pas la peine de taxer si le publique sait qu’il payera une fortune en chauffage si il prend pas une maison/appart économique.
Les campagnes ont une solution: chaudière à bois.
> > La taxe est juste un prétexte pour rammasser de l’argent.
> Le gouvernement a peut-être ça en tête en proposant cette loi, n’empêche que si c’est correctement progressif et que ça nous encourage à consommer moins, c’est déjà un point positif.
Je suis pas convaincu, seul l’histoire nous le dira.
La tendance actuelle en matière d’énergie est une réduction de la consomation combiné à une multiplication des sources.
lundi 28 septembre 2009, 12:55
@Pascal :
> Vu la farouche résistance à toute construction de centrales nucléaires… De toute manière c’est pas la solution, il faudrait plus que doubler le parc ?
Personnellement je ne suis pas contre la construction de nouvelles centrales, surtout si ce sont des surgénératrices. Ensuite, il ne faudrait pas nécessairement doubler le parc, parce que les voitures seraient chargées principalement la nuit, quand la demande est plus faible. La présence d’une grande quantité de batteries connectées au réseau rendraient peut-être aussi possible l’utilisation de renouvelables intermittents comme les éoliennes et le solaire (dans une moindre mesure, pour l’instant c’est loin de produire assez).
Les études que j’ai vues annoncent une ou deux centrales nucléaires de plus dans ce scénario, et les études avaient l’air objectives et indépendantes.
> Les centres industriels que j’ai rencontré ont toujours été mal desservis. Les quartiers résidentiels sont séparés des quartiers industriels.
Il est tout à fait possible que ce que j’ai vu ne soit pas représentatif de la France, en tout cas je suis d’accord qu’il y a beaucoup de boulot pour développer les transports en commun.
> De toutes manières faut les faire tourner avec quoi les bus ?
Pour des bus (ou tramways, métros, etc.) dont le trajet est connu, le passage au dépôt fréquent, etc, il est beaucoup plus facile de les faire tourner à autre chose que du pétrole. Mais même au gasoil, le transport en commun est infiniment plus économe que l’équivalent individuel automobile.
> Une chaudière ? C’est des miettes qu’on gagne la
Pas du tout, le chauffage des bâtiments c’est 20 à 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Source: Manicore.
Pour mon cas personnel, le chauffage au fioul de mon appartement en copropriété est mon poste le plus émetteur de GES, selon mon bilan carbone personnel.
> Une meilleure isolation est plus efficace mais elle doit être pensée à la construction.
Pas uniquement, on peut isoler un bâtiment a posteriori (et heureusement).
> La tendance actuelle en matière d’énergie est une réduction de la consomation combiné à une multiplication des sources.
Tout à fait d’accord. Je pense que la priorité est à la diminution du gaspillage, puis à l’utilisation d’énergies alternatives. Malheureusement, le concept de gaspillage est assez subjectif.
lundi 28 septembre 2009, 13:46
@Aurélien :
Consomation annuelle de la france pour l’automobile: 35Mtep
http://www.manicore.com/documentati…
d’après, http://www.developpement-durable.go…
ça fait 0.4PWh (400 TWh) toujours pour un an. Pour info, EDF produit 550TWh par an (2006)
http://www.edf.com/html/panorama/pr…
l’écart jour/nuit est pas énorme en supposant minimum=nuit:
http://futura24.site.voila.fr/elect…
Calcul à la louche. ça fait bien le double ? Même Jancovici le dit que le nucléaire ne remplacera pas le pétrole pourtant on a lu le même bouquin
Pour le reste on est plus ou moins d’accord même si je pense que “patcher” l’existant ne changera pas grand chose donc je vais pas m’étendre.
lundi 28 septembre 2009, 14:17
@Pascal : Merci pour les recherches, l’étude que j’ai lue était donc probablement dans l’erreur. Donc voiture électrique oui pourquoi pas, à condition de diminuer aussi notre consommation / mobilité automobile.
Et il ne faut pas oublier que la France est un cas particulier (avec la Suède et la Suisse) : dans le monde l’électricité est produite à partir d’hydrocarbures fossiles. Trouver une solution pour la France c’est bien, si cette solution est exportable c’est encore mieux.
lundi 28 septembre 2009, 21:29
Globalement, je suis du même avis d’Aurélien.
Je voudrais quand même faire une remarque sur les véhicules électriques. Comme souvent en “écologie”, c’est une fausse bonne idée. Et ça montre la bêtise et l’incompréhension de la société face au changement climatique. On essaye d’adapter notre confort avec des alternatives plus ou moins réalistes. Pourquoi pas mais il faudrait songer d’abord à perdre un peu de confort. J’avais entendu dans un reportage sur Arte qu’à l’heure actuelle 50 millions de voitures sont produites chaque année dans le monde. D’un autre côté, les gisements de lithium disponible sur Terre pour produire des piles pour ces voitures sont estimés à un parc de 50 millions de voitures… 1 an de production et après plus rien.
Pour les éoliennes, il faut du cuivre. Ressource épuisable elle aussi. Le nucléaire n’en parlons pas !
Le problème c’est l’Homme : tant qu’il voudra faire passer l’économie avant l’écologie, il foncera dans le mur. Aujourd’hui pour faire bouger les gens, il faut leur parler d’argent. La preuve par cette taxe carbone bien trop faible. Le prix aurait dû être de 100 ou 200 € dès maintenant. Ça aurait été déjà plus à la hauteur des enjeux environnementaux. Mais ça tout le monde s’en fou, c’est le pognon avant tout.
jeudi 1 octobre 2009, 09:27
Un Geek qui parle politique, voilà qui est intéressant
Je trouve ton avis très développé et très bien argumenté, bien que je ne sois pas convaincu du bien fondé de cette taxe carbone.
Tout d’abord, je pense qu’elle arrive trop tôt, beaucoup trop tôt (ou beaucoup trop tard, même). Pourquoi ? Parce que chaque jour, en France, des usines ferment, des salariés deviennent chômeurs, ils perdent donc confiance en eux. Dans une telle situation, quel effet va avoir l’arrivée de la taxe carbone ?
Elle va tout simplement décourager les ménages de consommer. Dans une situation de crise, la propension à épargner augmente. Si, en plus, on parle d’instaurer très prochainement une taxe, cette propension n’en sera que renforcée. Les ménages préféreront épagner pour les “sales jours” plutôt que de se payer des vacances, ré-équiper la maison etc.
Tu sais sans doute que la consommation est une composante clé de l’économie. Pas de consommation, pas d’augmentation de production des entreprises. Pas de hausse de production, pas d’embauche. (et même licenciements) (C’est très schématique, je te l’accorde)
Je pense donc que la taxe carbone aurait dû arriver plus tard. (ou beaucoup plus tôt, car chacun sait que les sequelles de la crise économique ne s’estamperont pas de sitôt.)
Concernant la voiture électrique, je suis très réservé sur la question. Imaginons que l’on remplace la totalité du parc automobile par des véhicules électriques. Que se passera t-il ?
La consommation d’électricité va augmenter fortement. Les centrales nucléaires produiront donc plus. Et que fait-on de l’uranium utilisé ? On l’enfouit.
Après on se permet d’appeler la voiture électrique “Voiture propre”. Si la propreté c’est de cacher des déchets sous Terre, c’est que j’ai raté un épisode. (Je ne suis pas du tout anti-nucléaire, je souhaite seulement qu’on se fasse part de ce détail)
Il restera à régler le problème de la variable “recettes”. Plus de TIPP…on aura donc droit à une taxe sur l’électricité, ou une “redevance véhicule électrique”. (On verra bien)
Pour finir, j’ajouterai qu’une fois de plus, le gouvernement s’y prend trop tard, et que ses propositions n’ont pour l’instant que l’effet contraire que celui prévu. Selon moi, la priorité actuelle est l’emploi. Cela passe par une politique conjoncturelle efficace qui relancera la consommation des ménages. (La taxe carbone, comme je l’ai démontré plus haut, provoque l’effet inverse)
Je fais également une aparté, qui concerne les partis de gauche, comme tu en parles dans ton article. Entre les lignes, on peut distinguer une certaine animosité. Je la partage. Car critiquer sans aucune argumentation, c’est aucun sans doute leur discipline de prédilection.
Je ne m’étendrai pas sur le cas du PCF/NPA, qui ont pour seul dada de lancer des propositions alléchantes, mais absolument utopiques et donc, irréalisables. (J’avais bien ri avec le “Smic à 1600€”…)
jeudi 1 octobre 2009, 16:23
@Kenshin :
> Je trouve ton avis très développé et très bien argumenté,
Merci.
> Tout d’abord, je pense qu’elle arrive trop tôt, beaucoup trop tôt (ou beaucoup trop tard, même).
Je pencherais plutôt pour le “beaucoup trop tard”. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas le faire.
Ensuite, sur la diminution de la consommation, ce n’est pas garanti du tout. Déjà, le montant de la taxe est très faible pour l’instant, et va augmenter progressivement. Le but n’est donc pas de consommer moins, mais de consommer autre chose.
Ensuite, la taxe est actuellement à revenu constant pour l’état. Donc seuls les gens qui consomment plus que la moyenne vont payer quelque chose. Pour les autres, ce sera un revenu net.
Enfin, même si ce n’était pas le cas, les travaux nécessaires pour moderniser notre consommation énergétique sont importants, voire colossaux. Si on impose l’isolation des bâtiments, le secteur du bâtiment va devenir carrément porteur ! Les constructeurs de chaudières à bois ou géothermiques vont aussi se frotter les mains, de même que les consultants en énergie pour les entreprises, etc…
Il ne s’agit pas de diminuer notre économie, mais de la transformer.
> Je pense donc que la taxe carbone aurait dû arriver plus tard. (ou beaucoup plus tôt, car chacun sait que les sequelles de la crise économique ne s’estamperont pas de sitôt.)
Malheureusement, avec le pic pétrolier qui approche, et la récession sévère qui va suivre, je ne pense pas qu’on ait le temps d’attendre. Ne serait-ce que d’un point de vue économique, sans parler d’écologie.
> Imaginons que l’on remplace la totalité du parc automobile par des véhicules électriques. Que se passera t-il ?
Je suis d’accord qu’il faut de toute façon diminuer drastiquement notre mobilité automobile.
> Après on se permet d’appeler la voiture électrique “Voiture propre”. Si la propreté c’est de cacher des déchets sous Terre, c’est que j’ai raté un épisode.
Le terme “voiture propre” est purement marketing, c’est clair. La seule énergie propre c’est celle qu’on a pas utilisée. Cela dit, la voiture électrique a des avantages :
Au passage, les centrales actuelles produisent effectivement des déchets qu’on enfouit. Si l’alternative est de produire des gaz à effet de serre qu’on laisse s’échapper dans l’atmosphère, il faut se demander s’il n’est pas préférable de savoir précisément où est sa pollution (et avoir la possibilité de la traiter plus tard).
Les centrales nucléaires surgénératrices (4e génération) ont la capacité de détruire certains des déchets nucléaires (ceux à vie longue) qui sont produits par les centrales actuelles. Il y a donc des pistes.
Voilà, je pense donc que la taxe carbone n’est pas incompatible avec l’emploi, et va même booster certains secteurs. Bien sûr, il va probablement y avoir une baisse d’activité dans les secteurs très prisonniers des hydrocarbures fossiles, mais je pense qu’il y en a moins qu’on ne le pense : notre capacité à trouver des alternatives est parfois très surprenante, quand les bonnes conditions sont réunies.
vendredi 2 octobre 2009, 10:34
Voilà qui vous fera peut-être reconsidérer la voiture électrique : http://eco.rue89.com/2009/10/01/la-…
J’ai bien aimé cette conclusion : “pour sauver le ciel du réchauffement de la planète, il faudrait sacrifier le sol en y stockant tous les déchets.”
vendredi 2 octobre 2009, 12:08
@lecbee : L’article est intéressant mais encore une fois très réducteur. Au passage, j’en arrive à un point où je me demande s’il ne faut pas abandonner l’idée d’être informé correctement par la presse.
Évidemment que l’objectif numéro 1 est de réduire la consommation d’énergie, et en ce qui concerne l’automobile ça veut dire abandonner le mythe de la voiture individuelle pour tous, son utilisation à outrance, l’allongement systématique des trajets (domicile - travail - courses etc.).
La priorité n’est pas de convertir le parc automobile en voitures électriques, et de continuer comme ça sur notre lancée hyper-consommatrice. Enfin c’est mon avis, et je l’ai déjà écrit plus haut.
Cela dit, ce n’est pas parce que certaines personnes oublient cet objectif principal qu’il faut en profiter pour tirer à vue sur la voiture électrique et passer sous silence ses avantages. Pour le lithium, c’est un élément très très présent dans le manteau terrestre, mais seules certaines zones sont facilement accessibles (dans les Andes, au Tibet, et à quelques autres endroit). Cela dit, contrairement au pétrole, on ne consomme pas le lithium : il est récupéré lors du recyclage des batteries.
La phrase finale est très joliment formulée, mais comme je l’écrivais plus haut, au moins pour les déchets nucléaires on sait où ils sont et on pourra les traiter quand on saura le faire. Extraire le CO2 et les autres gaz à effet de serre de l’atmosphère, c’est autrement plus difficile.
Je pense que la voiture électrique peut être un bon moyen de transition vers l’après-pétrole. Et la voiture hybride (rechargeable) peut être elle-même un bon moyen de transition vers la voiture électrique.
mercredi 14 octobre 2009, 23:59
SALUT MES AMIS
VOILA UN SUJET BIEN ABORDE JE VOUS REMERCIES TOUS
J4AJOUTE QUE L4IDEE DE CREE A CHAQUE FOIS UNNE TAXE SOIT POUR PROTEGER L ENVERONEMMENT SOIT POUR LUTER CONTRE LE TABAC….. C EST FINALEMMENT UNE TECHNIQUE POUR AUGMONTER LES RECETTES DES ETATS SI NON COMMENT CA SE FAI QUE ON AUGMONTE LE TAUX DES TAXE QUE LES GENS NE POUVENT PAS EVITER JE M EXPLIQUE TAX SUR TABA EST UNE TAXE IMPOSEE SUR LES FUMEURS QUI NE PEUVENT PAS CESSER DE FUMER ET LA ON EST SURE QUE AUCUNE NE REVENDIQUE CAR LE TABA EST RECONNAIS PAR TOUS LE MONDE QU IL EST NUISIBLE POUR LA SANTE DONC ON QUELQUE SORTE UNE COUVERTUR POUR L ETAT POUR PASSER LA TAX LEGALEMENT ET LA ASSURER AUSSI PAR CONTRE SI ON EST VRAIMENT INQUIET A PROPOT DE LA SANTS DES GENS JE VOI QUE INTERDIR LA PRODUCTION ET MOIN CHER ET OBLIG LES GEN DE NE PAS FUMER COLLECTIVEMENT CA SERA MIEUX LA MEME CHOSE POUR LA TAXE CARBONE ON DIT L ENVERONEMMENT MAIS ………
jeudi 15 octobre 2009, 00:03
@Anonyme : Ouh là, c’est très dur à lire, essaye d’écrire correctement (majuscules, ponctuation, etc.). C’est sûrement plus facile à écrire pour toi, mais tu reporte la difficulté sur celui qui va lire, c’est très fatiguant.
Personnellement, je préfère inciter les gens à se sevrer progressivement de quelque chose plutôt que de l’interdire brutalement par la loi.
jeudi 15 octobre 2009, 12:41
Si tu fumes, tu payes une taxe car tu nuis à ta santé, à la santé des autres et à l’environnement.
Si tu pollues, cela devrait être strictement identique.