La manif’ a démarré sur le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro, par des discours des représentants de la communauté tibétaine et de quelques élus Français :

  • Lionnel Luca, député (UMP) et président du groupe d’études sur le Tibet à l’Assemblée nationale (photo, à gauche)
  • Patrick Bloche, député (PS), maire du 11ème arrondissement, et vice-président du groupe d’études sur le Tibet à l’Assemblée nationale (photo)
  • Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement (Europe Écologie) (photo)
  • un autre élu dont je ne retrouve plus le nom : ici sur la photo et là tout à gauche.
  • une autre élue dont je ne retrouve plus le nom (si vous savez, dites-le moi !)

On notera au passage comme la question tibétaine transcende les clivages politiques classiques, ce qui est rassurant vu qu’il s’agit ni plus ni moins que du respect des Droits de l’Homme.

Le cortège s’est ensuite dirigé vers l’ambassade de Chine, en brandissant des drapeaux tibétains qui claquaient dans le vent glacé, et en criant des slogans comme « Liberté pour le Tibet », « Longue vie au Dalaï Lama » et « Wake up UNO ».

À l’entrée de la rue où se situe l’ambassade de Chine, un barrage de CRS nous attendait, avec protections, casques et boucliers. Et oui, c’est bien connu, un peuple qui place la non-violence en haut de ses valeurs présente un vrai risque d’émeute sanglante. Enfin bref.

Nous sommes ensuite retournés vers la Tour Eiffel, plus précisément le Mur pour la Paix, mais j’ai dû quitter le cortège avant l’arrivée.

Voici les photos et vidéos que j’ai pu prendre pendant la manif, et voici le petit résumé de tibetan.fr.

Ce qui est frappant, c’est de voir à quel point les Tibétains restent amicaux envers leurs voisins Chinois. Il le répètent tout le temps : leur tortionnaire est le Parti Communiste Chinois, pas le peuple chinois. Tous les peuples, tibétains comme chinois, ont le droit de vivre en paix et dans le respect de leur culture. 

Pour être entendus, ils ont besoin de nous, ils ont besoin de l’opinion publique internationale. Faire face à la puissance et à l’arrogance du Parti Communiste Chinois aujourd’hui, c’est difficile, ça nécessite beaucoup de courage, mais c’est avant tout une question d’éthique et de priorités : à combien d’Airbus ou de TGVs évaluons-nous la souffrance d’un peuple ?

Il y a quelques années, je discutais avec quelqu’un qui a beaucoup travaillé avec la Chine et l’Asie du sud-est en général, et qui mettait le doigt sur un point particulier de la différence de nos cultures. Il me disait que dans l’Ouest, on nous apprend qu’il ne faut pas frapper un homme à terre, qu’il en va de notre honneur. Il disait ensuite que dans l’Est, c’est exactement l’inverse : si tu met un homme à terre et que tu ne l’achèves pas, c’est toi qui le déshonore.

On ne peut pas négocier avec la Chine en s’attendant aux comportements qui nous semblent classiques. On ne peut pas dire : je te donne un peu (de Jeux Olympiques) et en échange tu me donnes un peu (de Droits de l’Homme). Tant que nous plierons devant le Parti Communiste Chinois, ils seront en position de force, et ne lâcheront rien.

La cause tibétaine met tout le monde d’accord : il en va de la Justice, de la Liberté et des Droits de l’Homme. Si une telle cause ne nous motive pas assez pour nous relever et tenir tête au PCC, quelle autre cause le fera ?

Un grand merci à mon collègue Gilles de m’avoir fait découvrir la situation dans laquelle sont les Tibétains aujourd’hui.