Le vote aux élections régionales est maintenant passé, et tout le monde a remarqué l’ampleur de l’abstention, qui a atteint un record historique. Dans les médias, c’est une chorale parfaitement accordée : « l’abstention c’est la honte, allez voter, allez voter ».

En entendant des connaissances et des amis essayer d’inciter les gens à aller voter, je me suis fait une réflexion que j’aimerais partager : il faut faire attention à ne pas se tromper de problème : l’abstention n’est qu’un symptôme. Le symptôme de plusieurs maux graves, notamment le désintéressement des citoyens pour la politique, mais elle reste un symptôme qu’il ne faut pas essayer de soigner sans s’occuper du vrai problème.

Quand j’entends des gens qui scandent « Allez voter, allez voter, allez voter », j’ai envie de répondre (de manière un peu provocatrice certes) : « Surtout, n’allez pas voter si vous n’avez pas réfléchi pour qui vous voulez voter ». Et oui, c’est bête, mais franchement je préfère quelqu’un qui s’abstient plutôt que quelqu’un qui va voter au hasard, ou pour la liste qui a la plus belle couleur, ou que sais-je d’autre.

Ce n’est pas l’abstention elle-même qui est un problème, ce sont ses causes, et il ne faut pas l’oublier quand on argumente sur la question. Sinon, on va se féliciter d’un score assez bas de l’abstention, on aura bonne conscience, mais la démocratie ne s’en portera pas mieux : on aura juste généré de l’entropie.